Publié le 18/05/2009 à 08:43 par formideceuromed
"Poésie et interculturalité"
Vous êtes cordialement invités à participer à la rencontre "poésie et interculturalité" qui aura lieu samedi 16 mai, à partir de 18h, au Centre social Bonnefoi, 5, rue Bonnefoi (métro Guillotière)
Nous aurons à cette occasion l'immense plaisir de recevoir et d'entendre un grand poète syrien, Nabil Tomeh, qui, par ses écrits et conférences internationales, agit en faveur du dialogue inter-culturel et inter-religieux. Il a d'ailleurs obtenu en 2007 le prix de l'UNESCO de la paix.
Nabil Tomeh est également producteur de films et rédacteur en chef de deux revues littéraires syriennes.
Il vit à Damas et sera spécialement à Lyon samedi 16 mai pour rencontrer les amis de Formidec et présenter sa conférence "L'Homme ancien", une réflexion sur l'humanité qu'il souhaite partager avec nous.
La deuxième partie de notre soirée sera musicale et poétique dans le sens participatif du terme: nous serons heureux de vous entendre lire vos propres poèmes ou textes poétiques, ou tout simplement vos poèmes préférés, surtout ceux qui ont trait à l'échange et au dialogue.
Dans ce cas-là, merci de me le signaler au plus tard vendredi pour que nous puissions organiser au mieux cette rencontre prometteuse, dont le programme détaillé vous sera envoyé dans les jours qui viennent.
Programme:
18h - 19h 15 : conférence-débat par et avec Dr. Nabil Tomeh,
19h-15 - 20h : présentation des tableaux de Zahira Alrez, peintre syrienne (en présence de l'artiste), suivie d'un pot,
20h - 22h: séance de "poésie participative" rythmée par des intermèdes musicaux
Rédouane Abouddahab
r.abouddahab@free.fr
[FONT=Impact]
--
Publié le 23/04/2009 à 12:00 par formideceuromed
Vidéoconférence avec
l’écrivain américan Ernest J. GAINES
24 Avril 2009
au Centre social Bonnefoi. 7, rue Bonnefoi, Lyon 3e
19h (précises) – 20h
Ernest J. Gaines vit à Pointe Coupée en Louisiane (USA). Il est considéré comme le plus grand écrivain du Sud contemporain ainsi que l’écrivain louisianais par excellence. Son œuvre dit merveilleusement bien l’« âme » de la Louisiane dans sa grande variété multiculturelle et multiethnique.
Ernest J. Gaines s’affirme également comme l’un des seuls écrivains américains à peindre un Sud en évolution, où les Noirs de la nouvelle génération s’opposent aux anciens dans une quête de dignité.
Il a écrit nombreux romans, dont The Autobiography of Miss Jane Pittman (L’autobiographie de Miss Jane Pittman), Of Love and Dust (D'amour et de poussière), A Lesson Before Dying (Dites-leur que je suis un homme), son dernier roman, publié en 1993 et qui a remporté le National Book Critics Circle Award.
Ernest Gaines a été nominé au Prix Nobel de littérature en 2004. Il est chevalier de l'Ordre des Arts et des Lettres.
Cette rencontre littéraire par visioconférence, sponsorisée par le Centre social Bonnefoi, est organisée par une classe de Terminale du Lycée Ampère-site Saxe (Lyon 3e), l’association Formidec et le Centre social Bonnefoi, afin de faire (re-)découvrir ce grand écrivain au public lyonnais.
Elle aura lieu vendredi 24 avril au Centre social Bonnefoi, salle des conférences, 7, rue Bonnefoi, 69003 Lyon, à 19h précises.
L’an dernier, au mois de mai, le Centre social Bonnefoi et Formidec, en partenariat avec le Département d’Études du Monde Anglophone (université Lumière-Lyon2) et avec le soutien des services culturels de l’ambassade des Etats-Unis à Paris, ont organisé une rencontre avec la poète-lauréate de Louisiane, Brenda Marie Osbey, occasion de découvrir sa poésie et de l’entendre parler du métissage culturel en Louisiane.
La rencontre avec Ernest Gaines permettra ainsi de poursuivre ce cycle de découvertes des Etats-Unis d’Amérique et de la Louisiane, en particulier, par la littérature.
La visioconférence débutera à 19h par une lecture d’extraits de romans par Ernest Gaines. Cette lecture sera suivie d’une séance de questions – réponses (en anglais) avec Ernest Gaines, puis d’une présentation de la littérature d’Ernest Gaines par R. Abouddahab, enseignant-chercheur à l’université Lumière-Lyon2.
Les organisateurs
- Le Centre social Bonnefoi. 7, rue Bonnefoi, 69 003 Lyon
- Classe de Terminale enseignement de spécialité en option d’anglais, sous la direction de Madame Annick Duval-Lamy, professeur d’anglais au lycée Ampère-site Saxe, 149 avenue Maréchal de Saxe, 69003 LYON.
- L’association Formidec (Forum International pour le Dialogue entre les Civilisations) 38, cours Gambetta, 69007 Lyon.
http://formidec.spaces.live.com ou http://formideceuromed.centerblog.net
et la participation du Département d’Études du Monde Anglophone de l’université Lumière-Lyon2
Publié le 24/03/2009 à 12:00 par formideceuromed
Formidec et des étudiants et enseignants-chercheurs du département d'Études du Monde Anglophone de l'université Lumière-Lyon2 en grève, organisent une Table ronde sur le thème de « la littérature et l’engagement », le mardi 24 mars, de 14h à 17h, au Centre social Bonnefoi.
Cette rencontre est organisée dans le cadre de l’opération « Université hors les murs ».
Cette rencontre littéraire sera également une occasion pour discuter avec les enseignants-chercheurs et étudiants du mouvement en cours.
Intervenants :
Helen Goethals sur Auden,
Colette Collomb-Boureau : femmes et littérature
Samuel Baudry : l’engagement poétique pendant et après la Révolution française,
Jean-Charles Perquin : romantisme et langue populaire,
Rédouane Abouddahab : Les raisins de la colère de Steinbeck et L’autobiographie de Miss Jane Pittman d’Ernest Gaines.
Pour accéder au Centre Bonnefoi, prendre la rue Paul Bert du début (métro Guillotière), et c’est la deuxième rue à droite.
Publié le 20/03/2009 à 12:00 par formideceuromed
demain 21 mars vous pourrez retrouver notre équipe sur deux points importants
I) A l’occasion des fêtes de la jeunesse et de la fête de l’Indépendance, les associations franco-tunisiennes, en partenariat avec le Consulat Général de Tunisie à Lyon, vous invitent à LE SAMEDI 21 Mars 2009 au gymnase COSEC tournoi de futsal
Pour venir encourager les équipes au Parc Chabrières. 44, Grande Rue à Oullins
A partir de 8 heures 30
Le rendez vous est donné à 8h30 au Gymnase COSEC 44 Grande Rue à Oullins (en venant de Lyon, entrée d’Oullins, juste en dessus de la piscine et avant le pont d’Oullins) Parc Chabrière à droite, monter dans le parc et se garer au parking en haut
En venant du Pont D’Oullins, direction Lyon et rapidement à gauche après la piscine , le Parc Chabrière, ce sera fléché dès l’entrée.
II) Vous pourrez aussi nous retrouver de 10h à 17h à brindas pour le marché du monde comme vous pouvez le voir sur les deux dossiers joints
Accès par Chaponost ou Francheville ou encore Craponne
MARCHE PLACE DE LA PAIX, tout près de la Mairie
** Nous vendons coussins, broderies, tableaux faits par des handicapés tunisiens et à leur profit .. des cartes de calligraphies pour eux aussi
**Mais aussi des pochettes correspondance calligraphiées ainsi que des livres d’apprentissage de calligraphie, des boissons, des gâteaux et du tajine, du thé à la menthe et Bugga et Appla
Nicole merci de penser aux documents que je t’ai déjà remis ( programmes… plaquettes….)
Ceci au profit de notre projet euro méditerranéen pour que nos jeunes puissent partir à Berlin et à Ezzarah dans le cadre de leur projet.
Publié le 15/03/2009 à 12:00 par formideceuromed
Café philosophique interculturel de Formidec:
Histoire de la pomme (Les mille et une nuits)
Samedi 21 mars 2009 à 15 heures
Centre social, 5, rue Bonnefoi
(Lyon 3è, à 150 mètres du métro Guillotière )
Prendre la rue Paul Bert : la rue Bonnefoi est la seconde à droite
Histoire de la pomme
Sache, ô Émir des croyants, que cette jeune femme assassinée est mon épouse, la mère de mes enfants. C’est ma cousine du côté paternel, la fille de mon oncle, ce vieillard que tu vois à mes côtés. Il me la donna en mariage, à peine nubile, et je vécus avec elle durant onze années consécutives. Épouse bénie, elle m’apporta trois enfants mâles que je reçus comme un don de Dieu. Elle avait une conduite exemplaire à mon égard et me servit de la meilleure manière. De mon côté, je l’aimais intensément, mais, un jour, dans le courant de ce mois, survint l’événement que je vais raconter.
Elle fut atteinte d’une maladie de langueur et devint d’une maigreur extrême. Je m’empressai auprès d’elle et la vis revenir peu à peu à une santé meilleure, après un mois complet d’incertitude. Un jour, elle me dit, avant d’entrer au bain : « Cousin, je voudrais de toi que tu me donnes l’occasion de contenter une envie. – Oreille attentive et bon vouloir, lui répondis-je. Parle, même si tu es sujette à mille envies. – Je désire une pomme dont je puisse respirer l’odeur et mordre la chair, dussé-je mourir après cela. - Que Dieu te conserve en bonne santé, m’empressai-je de répondre. » Je cherchai par toute la ville des pommes, sans pouvoir en trouver une seule. Je le jure, sur mon honneur, si j’en avais trouvé une, rien qu’une, je l’aurais achetée à n’importe quel prix. Rentrer bredouille me mortifia. Ne trouvant pas le fruit qui aurait pu contenter son envie, je revins à la maison et lui dis : « Cousine, par Dieu, je n’ai pas trouvé ce que tu demandes ». Cela la mit dans une agitation fébrile et, faible comme elle était déjà, elle le devint davantage et de façon plus préoccupante encore cette nuit-là. Aussi, de bon matin, me mis-je à courir les jardins des alentours et à visiter tous les vallons fertiles, sans en oublier. Je n’y trouvais pas ce que je désirais. Mais un vieux jardinier me donna cet avis : « Mon enfant, tu ne découvriras de pommes que dans le jardin de l’Émir des Croyants, dans la ville d’Al-Basra. La récolte est conservée dans les celliers sous la garde de l’intendant royal ».
Je revins aussitôt chez moi, fis mes préparatifs et partis en expédition, soutenu par mon amour pour ma femme comme par mon courage à vaincre les difficultés de la vie. Je ne mis que la moitié d’un mois, ô Émir des croyants, à me procurer trois pommes : il faut dire que je m’étais employé, jours et nuits, en démarches réitérées et en va-et-vient continuels ; j’ajoute que je les payai à l’intendant trois pièces d’or. Je les rapportai sans tarder à la maison et les présentai à ma femme. Elle les reçut d’un air distrait et les posa à côté d’elle. Sa langueur augmenta. Je m’inquiétai beaucoup à son sujet, ne sachant trop comment remédier à cette faiblesse.
Dix autres jours s’écoulèrent, sans changement notable. Le dixième jour, j’étais assis dans ma boutique à vendre les étoffes dont je fais commerce, lorsque je vis soudain entrer dans la halle des marchands de drap une espèce de nègre aussi long qu’un roseau, qui avait la largeur d’un banc public, et offrait un visage d’une laideur repoussante. Il tenait dans sa main une des trois pommes pour lesquelles j’avais battu buissons et forêts pendant toute la moitié d’un bon mois. Je le hélai : « Ô bon nègre, mon ami, cette pomme, d’où la tiens-tu ? – Je l’ai reçue de ma belle, répondit-il. Je suis allé la visiter aujourd’hui et l’ai trouvée atteinte d’une maladie de langueur. J’ai vu trois pommes auprès d’elle. Elle m’a dit que son barbeau de mari, le maquereau, les lui avait rapportées de voyage, un voyage d’un demi-mois fait tout exprès et qu’il a passé en recherches continuelles pour les lui obtenir. J’ai pris du bon temps avec elle, mangeant et buvant tout mon soûl, et pour finir j’ai pris une des pommes qui se trouvaient là, n’écoutant que mon caprice. Et me voici en ces lieux… ».
A ces mots, ô Émir des Croyants, le monde s’assombrit à mes yeux. Je me levai sur-le-champ, fermai mon échoppe et regagnai ma maison. Je montai dans la chambre haute, n’ayant plus mes sens, tant la fureur m’avait mis hors de moi. J’entrai dans la pièce où se tenait ma femme et regardai vers les pommes ; il n’y en avait plus que deux. « Cousine, demandai-je, où se trouve la troisième pomme ? » Elle tourna distraitement les yeux dans la même direction et dit : « Par Dieu ! mon cousin, je ne sais pas. » L’histoire que le nègre m’avait faite me parut alors être la pure vérité. J’avisai un couteau effilé, m’en saisis et vins me placer derrière mon épouse. Je ne prononçai aucun mot, jusqu’au moment où je me jetai sur ma victime, armé de ma lame que j’enfonçai dans sa gorge. Je lui tranchai la tête et découpant son corps, en plaçai hâtivement les morceaux dans un panier, non sans les avoir enveloppés dans son propre voile à elle. Je mis par-dessus une tenture, et le tout dans une malle que je transportai sur ma tête, jusqu’au fleuve, où je la jetai. Par Dieu, ô Émir des Croyants, venge-la sur moi et fais-moi pendre le plus vite possible, sinon je te demanderai compte de son sang devant le Dieu Très-Haut.
Apprends enfin qu’après avoir noyé le corps, je revins à la maison et j’aperçus l’aîné de mes garçons assis par terre, qui pleurait à chaudes larmes. Je lui demandai pourquoi. « Ô mon père, me dit-il, aujourd’hui, de grand matin, j’ai pris en cachette à ma mère l’une des trois pommes que tu lui as apportées. Je l’ai emportée avec moi au marché et j’étais là avec mes frères, quand soudain un grand escogriffe d’esclave noir s’est approché et me l’a arrachée des mains. J’ai couru après en disant : « Par Dieu ! Ô bon nègre, mon ami, mon père a passé la moitié d’un mois à parcourir la ville d’Al-Basra pour trouver cette pomme. Il en a rapporté trois seulement de ce voyage pour les offrir à ma mère qui souffre d’une maladie de langueur. Rends-moi cette pomme afin que je la remette à sa place et qu’on ne sache pas la mauvaise action que j’ai commise en la dérobant… ». Il restait sourd à mes paroles. J’ai eu beau les lui répéter, une seconde fois et une troisième, rien n’y a fait : il m’a frappé et a continué son chemin. Alors, mes frères et moi, nous sommes sortis de la ville avec l’idée de nous cacher dans les environs, par crainte du châtiment que nous méritions de recevoir, et puis nous avons changé d’avis, et décidé de revenir à la maison dès qu’il ferait nuit. Je crains tant de causer du chagrin à notre mère ! Par Dieu ! Je te supplie de ne rien lui dire, car cela pourrait augmenter sa faiblesse… »
Ces paroles de mon fils, ô Émir des Croyants, sa frayeur et ses sanglots me dessillèrent : je sus que j’avais agi injustement en tuant la jeune femme et qu’elle avait péri victime d’une calomnie. Le funeste esclave l’avait, lui, injustement accusée en débitant un conte, forgé de toutes pièces, à partir du récit de mon fils, qui lui avait tout dit des pommes. Je pleurai sur mon malheur, avec mes enfants, jusqu’à en perdre le souffle. Ce vieillard ici présent, le père de la malheureuse, qui venait nous faire visite, apprit de ma bouche la triste aventure. Il joignit ses larmes aux nôtres et nous demeurâmes dans ces lamentations jusqu’au milieu de la nuit. Trois jours durant, nous ne quittâmes notre maison, en proie à l’affliction la plus profonde, lui pour avoir perdu sa fille, et moi pour avoir causé la mort d’une épouse innocente. Tout cela pour avoir ajouté foi aux fantaisies d’un esclave calomniateur. Voilà ce que j’avais à dire sur moi et sur cette femme assassinée. Ô Émir des croyants, sur la mémoire de ton père, sur celle de tes ancêtres, je te supplie de me faire mourir. Après la disparition de ma femme, je ne puis trouver aucun plaisir à vivre. Prends de moi le prix de son sang, parce que c’est moi qui l’ai mal jugée en ne regardant pas plus loin que des propos diffamants et faux.
Le récit du jeune homme avait plongé le khalife dans un étonnement extrême. « Par Dieu, s’écria-t-il, le premier homme que j’enverrai à la potence sera cet esclave de malheur. Je ferai le nécessaire pour venger cette femme et contenter le Roi de miséricorde. » Puis, se tournant vers Dja’far, il ajouta : « Descends en ville et trouve-moi cet esclave, sinon je te ferai couper la tête ». Le vizir sortit du palais en pleurant et regagna la ville. « Le moment de mourir est arrivé pour moi, disait-il. La même cruche ne saurait indéfiniment recevoir des coups sans casser. Pour sûr, je ne peux compter cette fois sur le secours d’aucune ruse. Seul le Dieu Tout-Puissant et Redoutable qui m’a sauvé du premier péril me sauvera du suivant. Par Dieu, je ne bougerai pas de ma maison jusqu’au terme des trois jours que l’on m’a donnés pour délai, m’en remettant à Dieu pour l’issue de cette affaire à laquelle je ne trouverai pas moi-même aucune solution. Dja’far demeura donc chez lui, le premier jour, le deuxième et le troisième jusqu’à midi. Tout espoir de conserver la vie l’avait quitté : il avait mandé hommes de loi et témoins pour faire son testament, et appelé ses filles auxquelles il fit ses adieux, les yeux remplis de larmes, quand un messager du khalife vint le trouver et lui dit : « L’Émir des Croyants est dans une violente colère. Il a juré que demain le jour ne se lèvera pas avant qu’il ne te voie attaché au gibet ». Dja’far redoubla de larmes, les fraîches jeunes filles redoublèrent de larmes, et redoublèrent aussi de larmes ceux qui se trouvaient dans la maison.
Bientôt le vizir dit adieu à ses filles et à toute la famille, mais il lui restait encore à presser la plus jeune sur son sein : elle avait un visage resplendissant et son père l’aimait plus que toutes les autres. Il la serra contre lui et l’embrassa, tout à sa peine de quitter ainsi sa famille et ses enfants. Comme il la serrait très fort en raison de l’attachement mutuel qu’ils éprouvaient, il sentit un objet rond qu’elle dissimulait dans le pli de sa robe. « Ma fille, demanda-t-il, qu’y a-t-il là ? Montre, ma fille. – C’est une pomme qui porte le cachet de notre maître le khalife, répondit la petite fille. C’est Brinde-Myrte, notre esclave, qui l’a rapportée. Il n’a voulu me la donner qu’après avoir reçu en échange deux pièces d’or. » Dja’far, entendant prononcer les mots « pomme du khalife » et « esclave », poussa un grand cri et fouilla aussitôt dans la robe de la fillette. Il en sortit la pomme et la reconnut. « Ô toi qui accordes promptement la délivrance à tes serviteurs, c’est avec raison que nous T’invoquons ! clama-t-il »
Il fit venir l’esclave noir, et lorsque ce dernier parut devant lui : « Malheur à toi, Brin-de-Myrte ! s’écria-t-il. Révèle-moi d’où vient cette pomme. – Par Dieu ! répondit le Noir, si le mensonge peut quelque fois procurer le salut, à plus forte raison la sincérité le fera-t-elle. Cette pomme, ce n’est pas le fruit d’un larcin commis dans ton palais, dans celui d’un grand personnage, ou dans le jardin de l’Émir des Croyants. Il y a quatre jours de cela, je marchais dans une des rues de la ville, lorsque j’aperçus des enfants qui jouaient. Cette pomme tomba de la main du plus jeune d’entre eux. Je le frappai et la lui pris. Il pleura en disant : « Ami, sache que cette pomme appartient à ma mère qui est malade. Elle a eu envie d’en avoir de semblables et les a demandées à mon père qui est parti en voyage et en a rapporté trois. Je pris l’une de ces pommes en cachette. Rends-la moi. Je n’en fis rien, mais l’apportai ici… et la vendis à ma petite maîtresse pour deux pièces d’or. Voilà toute l’histoire de la pomme ». A ces mots, Dja’far fut stupéfait de constater que cette malheureuse affaire n’avait en réalité pour origine que la malhonnêteté de l’un de ses esclaves. Il se leva tout content, prit le nègre par la main et l’entraîna devant l’Émir des Croyants, auquel il raconta cette histoire par le menu. Le khalife fut au comble de l’ébahissement et rit jusqu’à en tomber à la renverse. « Ainsi donc la cause du malheur est ton propre esclave ! – Je l’avoue, ô Émir des Croyants. » Le khalife donna alors au jeune homme une de ses concubines à la cour, lui assigna une rente pour vivre convenablement et l’admit parmi ses familiers. Mais il continuait à s’émerveiller de cette suite de coïncidences. « Il n’y a pas lieu, dit Dja’far le vizir à l’Émir des Croyants, le hasard fait des choses plus merveilleuses encore… - Lesquelles ?... Si tu me racontes une histoire plus étonnante que celle-ci, je pardonnerai à ton esclave. Sinon, j’ordonnerai qu’il soit tué. Mon histoire, la voici. Tu en jugeras toi-même, ô Émir des croyants… » (Les Mille et Une Nuits, édition intégrale de René Kawam, Phébus, Libretto, 1980, tome II)
Prochain café :
- Samedi 25 avril 2009
Le texte du café est sur deux sites internet :
- http://sites.google.com/site/cafephilosophiquedeformidec/
- http://etienneduval.neuf.fr/
[SIZE=14]
Publié le 07/03/2009 à 12:00 par formideceuromed
آفاق ou HORIZONS
Programme de la soirée littéraire du jeudi 12 mars 2009
-17h les membres sont conviés pour la mise en place de la salle et le buffet
- 18h 30 accueil des invités par le maître des cérémonies et les membres : musique et projection de vues du monde.
- 19h lecture de textes sur les thèmes suivants : bref rappel de nos activités antérieures par le président, la franco-arabophonie par Andrée AFFECH, le bilinguisme par Riadh BENACHOUR, la poésie Arabe par Nada AL JINDY, les poètes franco-arabophones par Raymond FERKH, Maroula MATHIEU, Philippe BEYDOUN et Omar KHALDI
- 20h Buffet
-20h30 Lectures : par Françoise et Henri GERMAIN René HENANE et Redouane ABOUDDAHAB, Nelly et Khaldoun LAHAM, Sophia BEYDOUN et Mohammad RAFED, Simone COUDERT et Omar KHALDI, Nada Al JINDY et Etienne DUVAL, Andrée, Riadh, Maroula, Raymond, Naima, Philippe, Hocine, Inge et Gérard, Fouad AL QUAISSI, Houssam ABU MUSSALLEM, Johny El-MAALOUF, Dima HABIB, Mathilde DIDIER et les invités qui se manifesteront en début ou pendant la cérémonie.
-22h Remise en place de la salle
Maison des Associations "Chateau sans Souci",
36, avenue Lacassagne,
69003 Lyon
Ibrahim.beydoun@wanadoo.fr
Publié le 23/02/2009 à 12:00 par formideceuromed
21 février: Café philosophique (15h - 18h), au Centre social Bonnefoi, 7, rue Bonnefoi, Lyon 3e.
(Le Café philosophique interculturel de Formidec se tient tous les 3e samedis du mois jusqu'en juin)
27 février: Conférence sur Salman Rushdi, par Catherine Pesso-Miquel (Prof. à l'univ. Lyon II), au Centre Social Bonnefoi. La conférence (19h-20h 30) sera suivie d'une collation.
7 mars: "voyages en musiques orientales" en collaboration avec le Centre social Bonnefoi. Rencontre culturelle festive autour des musiques d'Orient et leurs voyages dans le temps et dans l'espace. 16h: conférence illustrée d'un musicien spécialiste de la question (Iyade Haimour) suivie d'animations musicales par les membres ou sympathisants de l'association.
24 avril: échange par vidéo-conférence avec le grand écrivain noir américain Ernest Gaines (il vit en Louisiane). 19h-20h 30 (Centre social Bonnefoi).
16-mai: une rencontre autour de la calligraphie en collaboration avec le Centre social Bonnefoi.
26 mai - 6 juin: participation au festival annuel organisé (depuis mai 2000) par "le 6e Continent", dont le thème porte cette année sur le Maroc.
12 juin: Conférence sur Barak Obama, par Romain Huret (Maître de conférences à l'univ. Lyon II). Même format que la conférence du 27 février.
En cours:
Réalisation d'un film de 50 minutes sur les actions et la signification de Formidec, par Fanny Gusciglio et Mélanie Dubost, deux étudiantes diplômées de l'université de Lyon II, à partir des nombreuses séquences filmées depuis le voyage de Meknès en avril 2004, et d'autres que Mélanie et Fanny, avec la collaboration d'Abdoun à Meknès, vont réaliser jusqu'en juin 2009, dont des interviews de membres de Formidec en Rhône-Alpes, à Meknès et à Rabat.
Publié le 23/02/2009 à 12:00 par formideceuromed
Café philosophique:
les textes analysés cette année sont extraits des contes des Mille et une nuits.
Séances: 18 octobre, 15 novembre, 20 décembre, de 15h à 18h.
Pour plus d'informations, voir:
http://sites.google.com/site/cafephilosophiquedeformidec/
Conférence:
vendredi 17 octobre, à 19 heures (Centre social Bonnefoi) :
Présentation et dédicace du livre Textes d'Amérique: écrivains et artistes américains entre originalité et américanité, sous la direction de Rédouane Abouddahab, Presses Universitaires de Lyon, 2008.
Retour lors du débat sur les grands traits de la culture, de la littérature et de l'art américains, ainsi que sur les grandes dates de l'histoire des Etats-Unis, de Capitaine Smith à Barak Obama.
A propos du livre, voir http://www.fabula.org/actualites/article24581.php
Rencontre festive et inter-culturelle sur la diversi-thé! le samedi 22 novembre, au Centre social Bonnefoi, 5, rue Bonnefoi, Lyon, 3e.
"Une syllabe qui a fait le tour du monde !"
Le terme chinois t’e, prononcé tcha en chinois mandarin (langue des lettrés habitant en général le nord) ou té, en dialecte de la province du Fujian (sud de la Chine), est la base étymologique du mot le plus universel de la planète !
Les nations du monde intègrent la syllabe assez tôt (en Orient); en Europe dès la fin du XVIe siècle au Portugal :
« Thé », « te » (espagnol), « tee » (allemand), « ataï » (marocain, algérien…)… renvoient ainsi au « té » de la province du Fujian.
En revanche, « chaï » (arabe), « cha » (perse), « çay » (turc)… viennent du mandarin « tcha ».
Ce sont les commerçants hollandais (de la Compagnie hollandaise de l’Est des Indes) qui introduisent la feuille du thé en Europe dès 1610. La première trace du mot en français date de 1635 et les Anglais commencent à boire du « tea » dès 1644.
Formidec lui décerne sans la moindre hésitation la palme de l’inther-culturalité. Et notre rencontre du samedi 22 novembre sera, est-il besoin de le préciser, marquée par la diversi-thé : thé touareg, thé chinois, thé marocain, thé anglais…
Chinois, Mauritaniens, Anglais, Maghrébins… seront parmi nous pour nous parler de la place importante du thé dans leur culture sans oublier de nous expliquer les subtilités de la préparation.
Bien évidemment, nous dégusterons avec bonheur le délicieux breuvage.
Publié le 20/05/2008 à 12:00 par formideceuromed
Formidec et le Centre social Bonnefoi organisent une rencontre musicale, filmique et festive en hommage au groupe Nass El-Ghiwane, samedi 24 mai, au Centre Bonnefoi, 5, rue Bonnefoi. Vous y êtes cordialement invités.
Le groupe
Le groupe Nass El-Ghiwane, "Beatles de l'Afrique", a été créé au début de l'année 1970 par cinq jeunes casablancais qui habitaient tous Hay Mohammadi (quartier très populaire de Casablanca). Le groupe a été à l’origine d’une des plus belles révolutions et aventures musicales au Maroc et dans le monde arabe, en métissant plusieurs styles populaires et en leur donnant une profondeur musicale et poétique unique, en une période où seule la culture officielle avait droit aux égards.
Comme chez Bob Dylan, le discours protestataire de Nass El-Ghiawane ne perd jamais de vue la dimension universelle et pérenne du sujet développé, de sorte que la richesse de la chanson ne s'épuise jamais et se fait découvrir encore et encore.
Le film
Le film culte « El Hal » (Transe) retrace l'itinéraire du groupe, présente des entretiens avec les musiciens et des passages mémorables de certains de leurs concerts donnés au Maghreb et en France. Il met subtilement en scène la réalité sociale et politique du Maroc des années 1970 et 1980.
Le film est aussi une belle histoire d'amitié inter-culturelle. Réalisé en 1981 par Ahmed Mâanouni avec des moyens fort modestes, le film a eu un petit succès international, notamment aux USA. Martin Scorcese l'a vu et a cherché à rentrer en contact avec le réalisateur marocain ; il a fallu des années pour que la rencontre puisse avoir lieu. Ella a été fructueuse puisque le grand cinéaste américain a pesé dans la récente promotion du film tout en reconnaissant son influence et celle de la musique de Nass El-Ghiwane sur lui. Il s’en est surtout inspiré en créant « La dernière tentation du Christ ».
Extrait du film:
http://www.youtube.com/watch?v=Mjjsj45hAfw
Programme
- 17h - 18h 30 : projection du film « El Hal » (Transe),
- 18h 30 - 19h 15 : débat,
- 19h 15 - 20h : pot,
- 20h - 22h : concert musical (chansons de Nass El-Ghiwane)
Publié le 22/04/2008 à 12:00 par formideceuromed
- vendredi 25 avril de 18 à 21h 30:
soirée littéraire, par l'association Horizons, au Château Sans-souci, 36, avenue Lacassagne: 69 003 LYON.
- vendredi 25 avril à partir de 18h:
table ronde / débat sur l'interculturalité et la citoyenneté, par l’Association Culturelle Franco-Tunisienne d’Oullins et du Grand Lyon, Salle Collovray, 7 Rue Parmentier au Centre de la Renaissance – Oullins
- samedi 26 avril, à partir de 20h 30:
soirée musicale dansante, par l'Association Culturelle Franco-Tunisienne d’Oullins et du Grand Lyon, Salle du Caveau, Orsel au Centre de la Renaissance – Oullins. (Voir le site de l'association pour les détails du programme : http://acftogl.canalblog.com/)
- samedi 3 mai, à parir de 13h 30: le
spectacle "Créer, Résister, Exister", par l'association Conciliabules, au CCVA de Villeurbanne, 234, cours Émile Zola (métro Flachet).
- samedi 10 mai, à parir de 20h:
rencontre annuelle de l'association ASEM (soirée dansante), au CCVA de Villeurbanne, 234, cours Émile Zola.
- samedi 24 mai, à parir de 16h:
hommage à Nass El-Ghiwane (projection du film "Transes" suivie par un concert musical en hommage à l'oeuvre musicale et poétique de Nass El-Ghiwane), par l'association Formidec et le Centre Bonnefoi, 5 rue Bonnefoi 69003 Lyon.